samedi 22 décembre 2012

Nuit d'angoisse

Pas de fin du monde. Et pourtant.

En plus, je me suis sentie responsable, et bien irresponsable, d'avoir voulu faire confiance à un ado de juste 16 ans.

Quand je pense à quel point j'ai dû m'exhorter justement à lâcher prise...

Hier encore je me laissais convaincre en lisant, étrange hasard, des préoccupations identiques, des différenciations subtiles entre besoins et valeurs, entre ce que l'on peut admettre par la force des choses et ce qui doit rester une limite infranchissable.

Et ce matin, entre appel aux hôpitaux, à des portables sur répondeur, à des adultes compatissants mais sans solution, j'ai cru avoir réussi à mettre la peur à distance.

C'était bien sûr m'abuser moi-même et l'émotion m'a submergée à l'instant même où j'ai été rassurée.

Rassurée, en colère, et puis inquiète à nouveau tout de même devant cette inconscience, cette indifférence à mes inquiétudes ô combien légitimes.

A moins qu'il n'ait, finement, compté sur cela.
Une fois l'angoisse apaisée, une fois la colère retombée, cette évidence que rien de grave n'est arrivé, rien de rien.

Sinon un abîme, un maelström, une tempête intérieure dont je ne me remets pas et dont je redoute le retour.

lundi 17 décembre 2012

Un coup dans le zig, un coup dans le zag

Souvenirs d'enfance.
Le sens en était légèrement différent mais l'image est bonne néanmoins.

Du gris maussade au bleu rayonnant, du froid qui pétrifie au soleil qui illumine tout.
De mauvaises nouvelles en plus mauvaises encore, recycler Charybde et Scylla.
Des rires, des chants, un groupe très expansif, sans doute pour exorciser, mais quand on est juste à côté, ou quand on aspire simplement à un peu de calme avant d'y retourner, cela donne surtout des cris, des hurlements de sauvages, et un sans-gêne difficile à supporter au quotidien.
Donner le change, prendre ses distances, sourire et s'éloigner. Etrangement, c'est plus facile que de faire les efforts ordinaires pour se montrer sociable.

Des rites pas forcément bénéfiques, un livre passionnant qui vous tombe des mains, l'énergie pourtant encore présente lorsque s'achève la semaine, des cadeaux simples et cependant choisis, le retour réclamé des traditions après deux, peut-être trois ans où elles ne semblaient plus guère appréciées, des absences, des silences inattendus, et ne plus y attacher d'importance, se retrouver, s'accorder quelques plaisirs sans culpabilité, découvrir, approfondir, réfléchir, discerner l'essentiel de l'accessoire.

Un coup dans le zig, un coup dans le zag. L'année va s'achever, le quotidien se poursuivre, l'avenir se dévoiler à son rythme.





lundi 12 novembre 2012

Retours

Du réveil qui sonne bien trop tôt (et en plus il fait nuit ! et froid !)

Du soleil qui remontre son nez en début d'après-midi - et fort heureusement car le chauffage du collège est "en panne", "panne" désormais rituelle pour la rentrée tout de même...

Des cris, des bousculades, du travail comme du matériel oubliés...

Mais retour aussi d'une quasi secrète légende - avec quelques mois de retard pour celle qui s'est éloignée et des circuits et de la région parisienne. Alain Aurenche.

Pas grand chose qui lui rende justice sur le net. Je tente deux liens.

http://chansonrebelle.com/les-chanteurs/aurenche-alain.html



samedi 6 octobre 2012

Hommages


au titre, à l'auteur, à une voix toujours aussi bouleversante, aux émotions du passé, à l'étrange beauté du temps qui passe

vendredi 14 septembre 2012

Instants de grâce

Tiens ? La semaine est passée, et ma foi j'y ai survécu.
Non, en fait, je me sens plutôt bien, détendue même.
Non pas que le monde ait subitement été repeint en bleu ou en rose, mais j'arrive sans peine à prendre du recul sur... tout. Et ça fait un bien inimaginable en fait !

dimanche 26 août 2012

Enfance

Du temps enfin, et ... une programmation estivale. Pourquoi diable aller croire que l'été et le cinéma ne font pas bon ménage ?

Et enfin, après plusieurs séances sans intérêt, voire carrément décevantes (et à 8 euros 50, voire 10,50 ! ça fait cher du temps perdu en prime !) une bien belle surprise.



Entre tendresse et émotion, des rires et des rêves, quelques désillusions en nuages épars sur l'amour, juste l'amour sans grands mots, sans démonstrations bruyantes, juste des regards, lumineux, émus, pétillants, ou pensifs, à tous les âges de la vie.





















lundi 30 juillet 2012

Quitter le nid

Mon grand garçon est parti, seul. Et l'émotion m'a submergée de façon inattendue devant le point de contrôle pour accéder aux salles d'embarquement. Il est monté sans se retourner, après un regard à moitié surpris, à moitié moqueur.

Les SMS n'ont pas tardé, lui qui ne voulait rien entendre avant le départ a subitement réalisé qu'il avait quand même besoin de quelques explications pratiques...

Une fois installé dans l'avion, le message fut quasi enthousiaste alors que mon inquiétude elle ne risquait pas de diminuer : ce n'était que le début du voyage avant de rejoindre le groupe à Paris, puis l'Irlande, puis la famille d'accueil, et encore le collège le lendemain.

J'ai attendu en vain un message à l'arrivée à Paris mais la réponse à mon volontairement neutre "Bien arrivé ?" fut rassurante. Tout comme les deux messages reçus à l'arrivée dans la famille irlandaise, l'un où ce grand ado caustique avait retrouvé tout son humour, l'autre très officiel de l'organisme organisateur du séjour linguistique.

La première soirée, comme il fallait s'y attendre, a suscité une rafale de messages mécontents à base de "c'est nul" et "je t'en veux", et j'ai subitement réalisé à quel point le téléphone portable avait pu changer les choses pour les jeunes d'aujourd'hui. Lorsque je me suis retrouvée seule dans un environnement inconnu (premier soir de pensionnaire au lycée) je n'ai pas eu d'autre choix que de m'adapter aussitôt à la situation, aucun moyen d'appeler ou d'envoyer un message immédiat. Et de même la première fois que je suis partie, seule, à l'étranger. Je crois que je n'aurais pas même su comment demander un numéro en France, le courrier était le seul moyen de communication et le délai nécessaire à la correspondance change totalement la donne.

J'ai essayé, très consciemment, d'être rassurante et compréhensive, et puis j'ai cessé de répondre aux récriminations qui tournaient en rond, tout en me disant d'une part que j'aurais dû dire non au portable, et de l'autre que j'aurais été dix fois plus inquiète et angoissée si je n'avais pu suivre les étapes du voyage...

A cet instant il doit être au collège, et je crois qu'il va occuper encore chacune de mes pensées pendant quelques jours. Mais je suis en même temps étrangement rassérénée, convaincue qu'il va s'habituer et effectivement trouver l'expérience enrichissante... même s'il ne l'admettra pas si facilement !

vendredi 29 juin 2012

L'orientation côté parent

Je suis à deux doigts de la schizophrénie la plus totale. Encore une ou deux nuits comme celle-là et ce sera officiel, je vais faire partie de ceux qui haïssent l'éducation nationale...

Rendez-vous inutiles à répétition, interlocuteur tout sourire qui ne vous entend pas quand il affirme le contraire, dialogue de sourds à tous les étages, exaspération à peine déguisée du responsable à qui l'on a l'outrecuidance de demander des informations pourtant indispensables, délais impératifs pour vous mais immanquablement repoussés de l'autre côté, incohérence des décisions entre les différentes instances, justifications qui défient ouvertement la logique, textes officiels ouvertement méprisés...

Et au bout du fil, jour après jour, des personnes bien embêtées, qui font de leur mieux pour vous rassurer, mais jamais aucun responsable disponible - ces mêmes responsables qui vous encourageaient à les appeler sans hésitation, qui juraient la main sur le coeur avoir toujours le temps de vous recevoir ou de vous rassurer !

Maintenant que ma colère et ma frustration sont écrites noir sur blanc, je reconnais avoir également rencontré quelques personnes sensibles, et aussi attentives à mes inquiétudes qu'au désarroi du principal intéressé, mais visiblement ce ne sont pas ces personnes là qui décident en fin de compte.

Confier l'avenir (au moins scolaire mais c'est loin d'être anodin) d'un enfant à un logiciel (orientation contingentée, en voilà un joli mot pour enrober l'angoisse et l'attente !), se fier à une moyenne sans tenir compte de son évolution, interroger une motivation pour ne pas du tout en tenir compte, proposer une solution quand celui qui en détient la clé vous la refuse obstinément : l'administration dans toute sa splendeur et, oui, il y a vraiment de quoi en perdre son calme et sa patience !

Et à bien y réfléchir, si tout cela me touche tellement, c'est sans doute aussi parce que je suis déjà passée par là, que tout cela réveille un passé jamais tout à fait surmonté. Et ça me met d'autant plus en colère de découvrir que je n'ai rien pu empêcher après avoir déjà vécu une même injustice aveugle. Alors, certes, j'ai brillamment surmonté les obstacles, mais j'aurais tout de même voulu les éviter à mon propre fils ! Et plus encore, j'aimerais qu'il ne connaisse jamais ce sentiment d'inachevé qui ne m'a jamais quitté. Parce que "réussir malgré tout", ce n'est pas réussir tout court, et il en reste des blessures qui minent durablement la confiance en soi.

La confiance en soi. Je crois que c'est exactement là que se situe le problème. J'étais persuadée qu'il n'en manquait pas, que de ce côté au moins la réussite était totale. Mais le voir se décomposer à chaque étape, assister à une crise de larmes et de découragement, à une négation de ses propres capacités... Je crois bien que c'est précisément ça que je ne suis pas prête de pardonner à ceux qui tranchent du haut de leurs certitudes.

mercredi 23 mai 2012

Vers la joie

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Fin après 18 h hier pour avoir fait passer les oraux d'histoire des arts sur ma seule après-midi de libre.

Premier accueil, ou presque, ce matin un trait d'humour particulier sur ma mauvaise humeur affichée hier...

Première heure avec des élèves démotivés mais très bruyants, dans l'ensemble ils s'y mettent sérieusement mais pas moyen de réellement faire taire les deux, trois pimbêches de service et les deux grands nigauds qui n'aiment rien tant que se faire remarquer pour jouer leur grand numéro de victimes...

La suite de la matinée se passe plutôt bien, les 6° rient même franchement devant le Médecin malgré lui et c'est rafraîchissant et rassurant de les voir réagir en toute innocence.

Le soleil est de retour en prime après des jours d'humidité qui ont même réussi l'exploit de redéclencher le chauffage automatique après le 15 mai !

C'est donc d'un pas allègre que je retourne vers ma voiture, pas trop loin pour une fois (car entre autres joies, nous n'avons aucune place de stationnement prévue pour un établissement en plein centre ville...). Deux post it sur le pare brise, aïe cela n'augure rien de bon... La dernière fois, dans cette même rue, c'était un homme honnête et néanmoins maladroit qui avait embouti l'arrière et le côté...

Rien d'apparent cette fois, puis je lis le deuxième mot "deux vis dans vos pneus, attention..." Le temps de réaliser en effet que deux pneus sont dégonflés, j'entends une voix me héler.

Juste au-dessus de moi. L'homme descend et m'explique.

Il a entendu, vu, deux galopins, le temps qu'il les interpelle et descende, le mal était fait.

Un grand moment de découragement, et bien sûr le jour d'un RV déjà reporté, découragement et lassitude, mais pas bien longtemps.

Cet homme s'est montré si prévenant, si obligeant, et si disponible que le bon côté a fini par l'emporter haut la main pour cette étrange journée !

Non seulement il a installé la roue de secours, sorti la deuxième roue, bricolé une cale, mais il a aussi insisté pour me ramener chez moi et... revenir me chercher à l'heure de l'ouverture des garages !

Et il est venu, avec les deux roues, m'a accompagnée jusqu'à Point S où il a pris les choses en main...

Deuxième bonne surprise, un jeune homme qui s'occupe aussitôt de vérifier si les pneus sont réparables. Ce qui est le cas, pour une somme bien inférieure à celle à laquelle je m'étais déjà résignée.

Retour avec le bon samaritain qui installe une roue et... entend un sifflement ! Installation de la seconde en lieu et place, nouvelle crainte, et multiples recommandations pour que je ne prenne aucun risque, et pour que je demande une réparation et non un jeu de pneus neufs "puisque c'est réparable"...

Un peu échaudée tout de même par la suite des événements, je retourne en roulant tout doucement jusqu'au garage. Le même jeune homme un peu surpris démonte une roue (ah, c'est quand même beaucoup plus facile avec les outils adéquats !), vérifie, répare, démonte la roue de secours, la regonfle, la range (mieux que le concessionnaire la dernière fois...) dans son logement, répare le second pneu, m'indique qu'il faudra en changer deux "d'ici 5 000 km au plus", me montre les fameux "témoins d'usure" que je n'avais jamais réussi à voir lorsqu'on me disait "Mais si, là, tu vois !" lorsque la roue est à sa place sous la voiture...

Il est même allé expliquer au patron que des élèves avaient crevé en deux emplacements différents les mêmes pneus dont je venais de payer une première réparation. Du coup celui-ci m'a dit que je ne leur devais rien...

Pas totalement rassurée sur la route en repartant, mais totalement émerveillée par tant de gentillesse désintéressée.

Du coup, je me reproche un peu de ne plus assez la voir au quotidien, cette solidarité, cette générosité, cette disponibilité. Surtout ces derniers temps où la colère, le ressentiment, le découragement influent quand même quotidiennement sur notre profession, où la même colère impuissante, le même découragement a hanté les discussions et les réflexions de ces dernières années.

Alors à côté de cet homme providentiel, qui a interrompu son chantier à trois reprises juste pour me venir en aide, je mets le sourire de cet autre élève croisé dans l'après-midi qui s'approche spontanément pour s'excuser d'avoir manqué ce matin, sa maman qui s'approche et m'explique qu'il se fait du souci pour sa petite soeur opérée de la hanche demain, et l'appel de l'amie d'une amie qui se présente avec application sur mon répondeur pour me proposer de partager une vacation, et même les plaisanteries particulières parce qu'elles sont toujours accompagnées d'un sourire franc, d'un vrai regard, de ceux qui vous reconnaissent et non de ces sourires de circonstances aussitôt effacés.

Bon, et bien, ce sera suffisant comme sourires et soleils pour la journée. Il est grand temps de se mettre au travail pour compenser toutes ces heures hors programme !

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dimanche 20 mai 2012

Message personnel dans les méandres de l'âme

J'ai une décision à prendre.

            Heu ? C'est quoi cette nouvelle présentation pour écrire ? Pouah, berk, ça ne donne vraiment pas envie !
Fin du hors sujet.

Une décision.

Ce n'était pourtant pas un problème il n'y a pas si longtemps. Ou bien voilà bien longtemps au contraire ? Allez savoir. Le temps m'échappe, et j'ai toujours bien aimé cela en fait. Le temps, les chiffres, les souvenirs : j'ai toujours entretenu d'étranges rapports avec eux, moi je dis que ce sont des relations poétiques, d'autres me soupçonnent de le faire exprès... ou de n'être pas tout à fait normale.

Mais la normalité, c'est très ennuyeux. L'harmonie n'est pas la norme. L'équilibre non plus. Evidemment ce n'est pas si évident et les regards à nouveau se font soupçonneux. J'aime l'harmonie et mes petits rituels, mais j'aime aussi l'imprévu et la fantaisie. Je n'aime pas être bousculée, agressée, "c'est pas pareil"*

"Je veux l'inaccessible, qu'importe que j'y perde".

Plus de trente ans déjà, mais c'était hier, et encore si familier, de mots en mots, des chansons fredonnées, enchaînées, aller mieux, retrouver l'énergie, le désir, le pourquoi. Parfois je crois l'avoir perdu, d'autres fois avoir suivi une voie singulière, pas si étrange pourtant mais qui dénote, peut-être juste parce que je n'ai pas trouvé (cherché ?) l'environnement qui lui conviendrait. Ou peut-être parce que c'est ainsi qu'elle se vit, en parallèle, en solitaire.

Je me souviens pourtant, avec force et tendresse à la fois, des quelques-uns qui, tout naturellement, partageaient cette harmonie-là, sans effort, sans délai, une reconnaissance mutuelle et paisible. Et aussi de ceux qui l'incarnaient, l'intensifiaient, en faisaient un idéal au sens propre bouleversant. Ceux-là vieillissent, et même si je me le reproche à l'instant même où je le pense, leur décrépitude m'éloigne. C'est horrible d'écrire un mot pareil, presque plus que de le penser**. Mais c'est exactement ça pourtant, peine et peur et rejet dans l'instant, par instinct. Facile ensuite de se le reprocher, d'intellectualiser, de nuancer, il n'empêche : le temps abîme les enveloppes charnelles, et émousse les colères, transforme bien des flammes en pauvres étincelles, lointains vestiges de flamboyances à la perfection surhumaine.

La méditation n'a jamais voulu de moi,et ce n'est pas faute d'avoir essayé de m'y initier. Mais je me perds très bien, n'importe quand, n'importe où, dans le monde incertain des songes, au-delà des apparences et des conventions, dans "l'ancien monde" des mythes arthuriens, dans le monde perdu des sortilèges, des mystères et de l'irrationnel.

Une décision à prendre, une réalité à affronter. Mais ai-je vraiment envie d'être autre que je ne suis ? La réalité a-t-elle rattrapé l'enfant qui affleure toujours ou la nostalgie est-elle rappel salutaire de ce qui compte vraiment ?

J'ai dit oui sans réfléchir, et depuis j'y réfléchis même sans y penser. Devenir adulte ? Prendre des responsabilités ? Accéder à un autre statut, une reconnaissance officielle ? Mais tout cela a déjà eu lieu, si des satisfactions en sont nées, bien éphémères elles ont été, et fort superficielles au fond. Pourquoi donc continuer à chercher ce qui finalement ne m'apporte que si peu, ne m'apporte rien en fait, rien d'important, et peut-être même me perd - ou m'éloigne, à tout le moins, de l'essentiel.

Il semblerait finalement que la décision soit prise. Non, je n'ai rien à prouver aux autres. Qui s'en moquent certainement en plus. L'essentiel n'est pas là, n'y a jamais été. J'oublie, c'est mieux.

Et j'essaie du même coup de retrouver l'essentiel. Non pas retrouver, lui redonner, en pleine conscience, sa place.

* Etre seul, c'est vivre seul au milieu de la foule. Et ça fait mal, tu sais, ça fait comme une boule, qui te cache le soleil. Au milieu du désert, on n'est pas seul, tu sais. On est perdu, c'est pas pareil. C'est pas pareil. 

** Ce doit être la saison des interrogations existentielles... La pensée précède-t-elle la parole, la conscience précède-t-elle la pensée, l'une peut-elle exister sans l'autre ?
 

mercredi 25 avril 2012

La promesse des fleurs

 Quand France 2 rencontre

Romeo et Juliette

D'un oeil distrait d'abord, et puis très vite j'ai regardé avec attendrissement. Et je me suis souvenue à quel point j'aime l'adolescence et ses promesses, ses hésitations et ses certitudes, ses maladresses et ses blessures.

Coup de chapeau au metteur en scène aussi, 4 mois, même pas à temps complet, pour mettre au point un spectacle complet avec une majorité d'amateurs, c'est en soi une performance à saluer.
Tout comme les trésors de pédagogie que certains savent déployer, peut-être devrait-on davantage se tourner vers le théâtre, les deux derniers intervenants de ce monde étaient également des modèles de patience, d'à propos et de subtilité.

Autant les présenter eux aussi d'ailleurs :








Le seul regret après cette parenthèse attendrie, c'est d'avoir plutôt encore un Armand à la maison...
 

mardi 24 avril 2012

Ycroire encore

Après le premier choc, de quoi retrouver quand même le moral et l'envie. Ici Bon, je ne sais pas pourquoi, mais il manque les : après le http de l'adresse quand on suit le lien...

mardi 17 avril 2012

L'éclaircie

Mardi soir et ce fut enfin une vraie bonne journée. A cette allure-là, il va falloir sérieusement le revoir le rythme de l'alternance travail repos !

Le soleil s'est montré et j'en ai profité avant qu'il ne disparaisse à nouveau corps et bien.

Passage à la médiathèque pour emprunter un autre livre, et non je n'en profite pas pour faire des courses.

Poulet, pommes de terre grenaille, plus la banane qui noircit et je déguste toute seule sans regret.

Pas besoin de bruit de fond, pas besoin même de musique, et pas de pages internet qui s'enchaînent puisque je reviens quand je veux.

Plus d'inquiétude pour l'avenir, plus de bataille contre les murs de l'adolescence, j'ai confiance finalement, même si je dois encore et encore m'en convaincre.

Plus d'énervement devant les nouvelles et les annonces ("apprendre l'orthographe" !) le temps passe et la vie suivra son cours.

Vacances, lâcher prise, prescriptions ? Je ne sais mais peu importe : ça va mieux et j'en suis très heureusement consciente.


dimanche 8 avril 2012

Mes Pâques

...

ainsi en doit-il être,
car tout doit accéder
à la science suprême,
passer de l'ignorance
où tu crois te mouvoir
et découvrir l'essence
qui te meut pour toujours.

*

ce que tu vas savoir
et que, déjà, tu sais
je veux te le prédire,
car rien ne pourrait faire
que ne soit advenu
ce qui doit advenir
et qui est connaissance
répandue dans l'infime
autant que dans le grand
de ta volonté d'être
pour être ce qui est.
qu'il en soit donc ainsi,
qu'en toi la plus infime
effigie de la vie
se sache assez pour dire
à l'instar du plus grand :
"je suis tout ce qui est.
je suis ce qui m'entoure
autant que cela même
que je sais être moi.
je suis la pluie d'étoiles
dont ruisselle mon front,
je suis l'air que j'aspire
et le feu qui m'habite,
la terre qui me porte
et l'eau dont je me lave.
et je suis la semence
qui engendra ma forme
et celles qui se font
paysage des jours
où me redécouvrir.
je suis ce que je suis
et je suis l'être même.
je suis ma volonté
en moi-même exaucée."

*

car tout dira un jour
ce que je viens de dire.
et ce jour-là sera,
ô mon enfant espace,
jour de la fin des temps,

...

viens, ô petite terre
qui veux tout vénérer
de ce que tu créas
et qui oublies déjà
que tout est né de toi,
comme tout naît de tout.
viens, ô ma vénérée,
ô ma terre qui vibres
en moi parmi tant d'autres
qui, aussi, tout créèrent.
et viens et bouge en moi.
bondis pour m'émouvoir,
moi qui suis la gardienne
de ta volonté prime
en l'océan de feu.
...

le cantique de l'éternité
Alexandre Kalda

jeudi 5 avril 2012

La carte, le territoire, les fenêtres, les murs... et le hasard qui fait bien les choses

Ce matin, par pur hasard, ou pas, allez savoir, au lieu des informations je tombe sur une chanson, et une phrase retient mon attention.
La voix ne m'est pas exactement agréable, elle me rappelle quelqu'un cependant. Vaguement, parce que je ne l'ai jamais vraiment écouté, et sans plus parce que cette phrase d'un côté m'évoque quelque chose de lui et en même temps ne lui ressemble guère. Ou plus exactement ne ressemble pas à l'image publique qu'il se traîne depuis des années.
Intriguée, je suspends quelques secondes les gestes routiniers qui doivent s'enchaîner sans heurt pour rester dans le timing serré du matin. Juste le temps de savoir.
C'était bien lui.




Et comme pour une raison inconnue, j'y repense ce soir, j'ai eu envie de l'écrire ici. Et de me souvenir aussi d'une autre fois.
Voyage en Irlande avec une future ex-amie.
A la radio un son qui me plaît instinctivement. Et presque aussitôt la réaction de ma compagne de voyage "C'est pénible ces radios qui passent du hard rock, ça n'arrive pas en France". Et elle change de fréquence.
Si je suis restée stupéfaite c'est de découvrir que c'était ça ce hard rock si décrié, et de réaliser dans la foulée que j'avais fait mienne une détestation sans aucune raison, sans rien en connaître en fait.
Bon, il s'est avéré par la suite que nous étions là bien loin du hard et bien plus près de la variété, mais tout en découvrant ce nouvel univers et sa richesse j'ai toujours gardé une certaine tendresse pour le groupe.

mercredi 4 avril 2012

Suppositions et mathématiques

Soit 3 RV, 3 rencontres, 3 conversations.
Supposons que les deux premiers RV aient conduit au troisième alors que sa conclusion eut pu être trouvée dès le premier.
Si je note que la première rencontre totalement improductive m'a retenue près d'une heure, que les deux suivantes de même durée qui ont d'abord paru éclairantes ont fini par se révéler tout aussi improductives que la première, et finalement déstabilisantes de surcroît.
Si j'ajoute à mon improbable addition 3 appels au secours, dont un bis, qui conduisent à contretemps à trois très longues conversations aussi différentes qu'il est possible quand le thème est identique.
Si le résultat final se trouve être une montée de larmes irrépressible.

Faut-il en conclure que le langage mathématiques me restera à jamais hermétique ou que les mots sont décidément fort imparfaits pour résoudre les équations intimes ?

samedi 17 mars 2012

Revigorant

http://www.politis.fr/En-Finir-Avec-Christophe-Barbier,17573.html


http://www.marianne2.fr/Le-cadeau-de-Barbier-a-Melenchon_a216451.html




Et pour juger par soi-même :


http://www.jean-luc-melenchon.fr/

dimanche 4 mars 2012

La stratégie du choc

J'ai d'abord cru à une nouvelle version de la théorie du complot. Mais c'était tout de même étonnant de l'entendre développée sur France Inter.
L'étonnement grandit et se transforme.
Est-il vraiment possible que des hommes aient si peu de considération pour leurs semblables ? Est-il imaginable que nous en soyons là ?

Il s'agissait de l'Etat de choc, une "stratégie qui consiste à utiliser les catastrophes pour transformer les sociétés dans le sens des intérêts capitalistes"...

On peut encore l'écouter ici :




Et un texte me revient, d'une chanson qui m'a toujours interpellée

"Et suppose que du jour au lendemain
L'on sache qu'il y a des êtres
Sur notre terre qui se concertent
Pour mieux abrutir les humains
Non pour une question de gain
Ce qu'ils recherchent
C'est misérer le monde
Leur monde"
Georges Chelon - Suppose que

mardi 28 février 2012

jeudi 16 février 2012

Ne pas en croire ses oreilles

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. » F. Dolto


Je cherche un article sur cette nouvelle angoissante, et réalise que ce n'est pas une exception...

Le corps d'un homme de 75 ans, mort depuis trois ans, a été retrouvé à son domicile de la rue Saint-Michel, dans le quartier Notre-Dame-du-Mont, en plein centre-ville de Marseille, a-t-on appris aujourd'hui de source policière. Pendant trois années, nul ne semble s'être soucié de son absence. Ni sa famille, ni ses proches, ni ses voisins, ni même le syndic de copropriété ne se sont doutés de rien, précise-t-on de même source.

Le cadavre d'un homme né en 1931 a été retrouvé samedi dans son logement à Strasbourg près de trois ans après sa mort.

Il était mort depuis trois ans
« Cela fait des années que je suis là. C'est complètement fou. Je n'arrive pas à croire qu'un homme est mort au-dessus de chez moi sans que personne ne s'en aperçoive », témoigne cet habitant du square Pierre-Merlat, à Maurepas.





Cette autre "nouvelle" là, je ne voulais pas l'entendre - sauf qu'à moins de ne plus rien lire, ne plus rien écouter, ne plus rien regarder du monde, c'est impossible. Et entre incrédulité et colère une phrase me heurte plus encore que tout le reste :

"Finalement, on aura une société qui sera organisée de la manière suivante : tous ceux qui ont la force et la santé pour travailler auront un emploi. Ceux qui ont la force et la santé mais pas d'emploi, on les mettra en formation professionnelle. Et puis, il y a ceux qui n'en peuvent plus, parce qu'il sont malades (...), qu'ils sont éloignés de l'emploi depuis longtemps. Pour eux, on aura la solidarité", a-t-il affirmé.

La solidarité ? "L'assistanat n'a pas sa place", a-t-il affirmé. "La solidarité pour ceux qui ne peuvent pas travailler. La formation ou l'emploi pour ceux qui ont la force de travailler. Le travail, c'est une valeur centrale".


Après la syntaxe et les niveaux de langue, attaquons-nous donc au vocabulaire, ah non pardon, aux "éléments de langage"...



A quinze ans, sur les bons conseils de Mme André, je recopiais des citations qui parlaient à mon coeur. Celle-ci, je l'avais même acheté sur parchemin :

« Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.»
Antoine de Saint-Exupéry

Cette chanson-là, elle a tourné en boucle longtemps, et puis j'ai voulu l'oublier, la trouver excessive, mais parfois...

mardi 14 février 2012

La fée Electricité

Ou comment parfois la réalité vient investir un élément de langage quasi obsolète.
Pester dans la nuit contre le défaut d'isolation qui rend le chauffage fort peu performant en cas de température négative.
Avoir soudain l'impression que quelque chose n'est pas comme d'habitude. Et réaliser presque aussitôt que toutes les lumières ont disparu : pas de radio réveil, pas de petite lumière de veille, pas le moindre ronronnement d'appareil ménager...
Et oui, ça n'arrive donc pas qu'aux autres : panne d'électricité.

Bon, c'est d'abord un peu embêtant de se retrouver dans le noir avec des volets électriques tout à coup pas si pratiques que ça, un peu gênant de ne pas avoir d'eau chaude, pas de chance de ne pas avoir de chauffage quand il gèle dehors. Mais ce n'est pas si grave et nous ne sommes certes pas les plus à plaindre.

Et puis le temps passe... La température ne cesse de chuter, les bougies pour la lecture ce n'est pas exactement idéal, plus le temps passe et plus l'inquiétude grandit, et si nous nous retrouvions nous aussi sans électricité plusieurs jours durant ?

Toujours rien l'après-midi, toujours rien le soir... Des hommes en bleu s'activent de l'autre côté de la route, un chariot élévateur fait des allers-retours...

Lorsqu'enfin une lampe s'éclaire, j'ai eu tout le temps de réfléchir au confort, à son absence, et... aux énergies !

En fait, ce n'était pas tout à fait fini. J'ai bien essayé de comprendre une fois Internet à nouveau disponible, mais les transformateurs et les phases, non décidément je n'y comprends toujours rien. Quoi qu'il en soit, voici le parking de l'immeuble orné d'un splendide avertissement flottant au vent : DANGER DE MORT... à côté d'une installation roulante dont le toit semble étrangement avoir été dévoré par une flamme qui a laissé une immense marque noire, installation qui produit en continu un bourdonnement sourd, prix à payer pour conserver lumière et chaleur...

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mardi 24 janvier 2012

Je crois que je suis déprimée. Un peu. C'est possible ça d'être un peu déprimée ? Ou alors je suis en train de tomber tout doucement en dépression.
Je ne sais pas.
Je ne veux pas. Et puis ce n'est pas possible. Et ce n'est pas bien, pas moral.
Oui, mais, nier la réalité ne la change que bien rarement.

Alors je cherche les moments ensoleillés. Et j'en trouve. Tous les jours. Et je donne le change.
Enfin, je le croyais.
Et puis aujourd'hui un collègue est venu me demander comment j'allais. Et il ne m'a pas cru. Et il a insisté, un peu. Et j'ai senti les digues qui commençaient à céder. Pas trop, mais plus que je n'aurais voulu. J'en ai dit un peu trop. Je ne veux pas faire à nouveau trop confiance, je ne veux pas me livrer. Je ne veux pas être fragile. Pas dans cet endroit là en tout cas.

Je ne me sens plus à ma place dans cette salle. Même si elle a tort, celle qui proclame que ce sont aux plus gênés de partir est en train de gagner la partie. Je pars, de plus en plus. Et je constate l'absence de ceux, de celles qui permettaient de maintenir l'équilibre.

Pourtant jamais je ne me suis sentie aussi légitime dans mon travail. Pourtant jamais je n'ai éprouvé autant de confiance envers un chef d'établissement.

Et en même temps, jamais je crois les perspectives n'ont été aussi démoralisantes. Et jamais non plus les difficultés de certains élèves, de trop nombreux élèves, ne m'ont parues quasi insurmontables.

Pas assez de sommeil, anémie chronique, hygiène de vie qui part à la dérive. Et une patience très limitée, dont je suis bien consciente et le savoir sans pouvoir rien y changer me mine encore plus. Je dors pourtant, et je reprends des vitamines. Mais il manque je crois le véritable ressort.

Je souris en arrivant, je souris en vous croisant. Je note en silence un progrès, un espoir, une amélioration, une surprise. Je me promène sur des sites doux et tendres lorsque je veux oublier un peu ceux qui grondent et rugissent mais dont je ne m'éloigne pas parce qu'ils ont raison de ne pas abdiquer.

Mais je ne réponds plus aux invitations, je ne vais plus au cinéma, je n'ai plus envie de sortir, de parler, d'en faire plus que le nécessaire. Et je n'ai pas de lecture en cours, plus d'immersion dans l'imaginaire.

Désolée C. si tu t'es aventurée jusqu'à la fin de cette page assombrie. Ça ira, ça finit toujours par aller mieux. Peut-être même que l'écrire aura suffi.

Une belle jeune femme enthousiaste et généreuse nous a annoncé hier la naissance d'un petit Dragon à venir. Je vais y voir un signe.


dimanche 8 janvier 2012

Chanter sous la douche

singing in the shower Pictures, Images and Photos

Je ne chante pas sous la douche. Je pense. Je réfléchis et bâtis de parfaites argumentations qui devraient pour le moins changer ma vie. Ou en tout cas me tirer d'affaires sans coup férir. Ou me permettre d'obtenir avec diplomatie ce que d'aucuns obtiennent juste avec leur "grande gueule".

Des discours peaufinés, construits et reconstruits jusqu'à ce que chaque mot en soit parfaitement choisi... dont il ne reste rien sur le papier ! Rien d'autre du moins que des évidences maladroitement exprimées, de pauvres phrases sans envergure qui ne convaincraient pas le mieux disposé des interlocuteurs.

Mais comme personne n'a songé à inventer ni le papier imperméable à tenir d'une seule main, ni l'appareil enregistreur insensible à l'humidité comme imperméable à la perturbation sonore que pourrait générer une cascade d'eau chaude... ces merveilleuses envolées restent réservées aux matins sous la douche !

C'est trop bête tout de même ! Voyons, il existe certainement d'autres circonstances tout aussi favorables ? Ah mais oui ! Je me souviens d'autres moments où les mots s'enchaînaient, ou l'imagination au pouvoir n'était pas une vaine formule. Hum. Non, ça ne va pas être possible non plus. La chance certes m'a protégée longtemps mais je n'irai pas la provoquer à présent en continuant à... rêver au volant !

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mercredi 4 janvier 2012

Le triple D

Presque par hasard, après le joli petit téléfilm de la 3 Villa Marguerite de Denis Malleval, j'entends quelques noms d'invités prévus dans l'émission de Frédéric Taddéï, une émission que je regarde plus que rarement parce que bien trop tardive quand les journées commencent tôt et sont plus que denses. Juliette, Gabriel Matzneff, Daniel Darc... Je patiente pendant le Soir 3 et dès le début de l'émission me laisse happer, jusqu'à sa fin.

Un improbable admirateur de Sarkozy (?!?) croise le fer avec Edwy Plenel, homme dont le sourire (même un peu trop systématique) et le vocabulaire me ravissent jusque dans la (légère) mauvaise foi. J'apprécie particulièrement sa façon de s'exprimer, les rythmes ternaires, le vocabulaire choisi qui semble jaillir spontanément, l'insistance sans répétition. Peut-être un peu systématique, mais pourquoi bouder son plaisir après tout !

Et au détour d'une envolée souriante, le triple D. Un président Diviseur, un président Destructeur, un président de la Déprime.

C'est le dernier point qui m'a complètement réveillée (pour bien plus longtemps que l'émission elle-même, si bien que le départ fut plus difficile que jamais ce matin !)
Diviser pour mieux régner, aucun doute, il maîtrise. Opposer les uns aux autres, désigner à la vindicte, je crois que peu se sont finalement sentis épargnés ces dernières années... Saper consciencieusement les fondations, détruire volontairement, avec un cynisme rare, hélas aucun doute non plus à ce sujet.

C'est la Déprime qui a fait mouche. En pleine période de voeux lorsque la majorité d'entre eux évoquent un "malgré ce qui nous attend". Quand les originaux qui croient encore un autre monde possible se font plus que rares, remarquables, originaux : singuliers. Quand les conversations finissent bien trop souvent par "que faire ?", "on n'y peut rien". Quand "la" crise devient omniprésente, légitime tout et son contraire. Quand la révolte se heurte sans cesse à un mur inébranlable. Oui, c'est exactement ça qui plombe l'atmosphère jour après jour, ce sentiment déprimant et - merci M. Plenel ! - pas du tout naturel qu'il faut se méfier de tout et de tous, se sa-cri-fier, tout accepter, courber l'échine, faire le gros dos devant l'inévitable tempête qui va, c'est sûr, emporter notre monde et toute la lumière avec !

Alors tiens, le triple D, soudain réduit à ces initiales qui en rappellent d'autres, permet de sourire d'abord, de prendre conscience ensuite, et pour le coup de balayer l'ensemble d'un Finissons-en ou autres Qu'ils s'en aillent tous !


http://www.pluzz.fr/ce-soir-ou-jamais-2012-01-03-22h05.html

Et à part ça, Juliette n'a pas beaucoup parlé (mais s'est exprimée avec force sur "les pauvres"), un écrivain dont je n'avais jamais entendu parler (Alain Mabanckou) m'a donné envie d'en savoir plus, Matzneff a retrouvé en dix secondes l'affection qui m'avait quelque peu désertée après Les lèvres menteuses si mal digérées, Daniel Darc n'a guère été servi ce me semble par cette unique apparition, et une jeune femme mal à l'aise (Esther Duflo) et à la voix quelque peu agaçante s'est révélée tout à fait convaincante. (Ah, l'histoire de la moustiquaire, je ne vais pas me priver de la ressortir - même si je n'ai pas sa légitimité pour le faire !)