mercredi 22 juillet 2015

De l'influence des lectures oubliées

Lorsque j'étais ado, j'ai lu, enfin peut-être bien dévoré... tous les livres de T Lobsang Rampa ssmaisaussi des deux Canadiens qui ont semble-t-il popularisé ces livres et développé plus ou moins les théories du New âge.

Du coup, en retombant par hasard sur certaines, hum, élucubrations ? (les habitants du centre de la Terre peut-être...  je réalise avoir été plus influencée que je ne l'imaginais...

Alors qu'est-ce qui m'est personnel, qu'est-ce qui vient, en droite ligne ou par des chemins fort détournés de mes lectures d'adolescente, je crois qu'il y a là des pistes à explorer pour très longtemps !!

mercredi 20 mai 2015

Le hasard et la nécessité, vraiment ?...

Parmi mes regrets éternels figure en bonne place l'absence de cours de philosophie dignes de ce nom. J'ai bien essayé de m'y mettre seule mais... voilà quoi, pas vraiment facile (qui a dit pas assez motivée, mmh ?)

Ceci dit, lors d'un des tout premiers cours, je protestais déjà (intérieurement, on est d'accord) sur cette idée de "principes universels".

A bien y réfléchir, il se pourrait, sous toute réserve, que le collègue pas du tout délicat qui m'a reproché un jour de n'être "jamais" d'accord, ait eu un petit (tout petit, n'exagérons rien non plus) tout petit éclair de lucidité.

Mais, bon, s'interroger sur les prétendues évidences et refuser les certitudes établies, je ne rêve pas, c'est bien une qualité ?

Donc - je me sens bien partie pour un billet pas clair du tout... - ce qui me pose question en ce moment, c'est cette notion de hasard et de nécessité. Je veux bien prendre en compte des millénaires d'évolution, mais ça ne passe pas quand même... Comme ne passait pas très bien, pas si bien que ça plutôt, le "roman national" comme disent aujourd'hui partisans comme opposants d'une réforme qui soulève même la colère des "êtres de patience" ;-)

'fin, bref. Le pourquoi du comment prend de plus en plus de place, et la seule réponse véritablement évidente (pour moi du moins) reste l'existence de la beauté et surtout sa perception.

L'autre évidence, indicible paraît-il, et ça m'a tout l'air d'être le cas... à moins que je ne sois juste devenue complètement nulle dans l'expression des émotions, pas impossible non plus... provient tout droit d'une expérience mystique (voilà, c'est dit, enfin, écrit !)

Expérience inattendue, improbable, et cependant réitérée, de percevoir à la fois une source et une cohérence.

Sur ce, je file avant de voir débarquer les blouses blanches ;-)

Pinwheel.jpg

Les mystiques et les sages savent depuis longtemps qu’il existe un champ cosmique
reliant tout à tout au plus profond de la réalité, un champ qui conserve et transmet l’information.
Ce champ est connu sous le nom de «champ akashique»,


samedi 21 mars 2015

Montagnes russes

Des hauts, des bas... Je n'en peux plus, plus assez d'énergie pour faire face. La moindre contrariété me plonge dans des affres terribles.
Hier encore je me demandais que dire lors du prochain rendez-vous puisque finalement j'allais bien mieux. Et ce matin, crise de larmes irrépressible après une mauvaise nouvelle parfaitement prévisible depuis des mois...
Dès que je réfléchis, enfin quand j'arrive à réfléchir à peu près posément, ça va mieux. Mais chaque obstacle prend des proportions insurmontables sur l'instant.

Du coup, je ne vois pas non plus pourquoi j'écris à ce sujet. Sauf peut-être un mot d'une amie selon laquelle "ce qui est dehors n'est plus dedans". L'occasion d'ailleurs de constater une fois de plus que les personnes qui ont eu un jour besoin d'aide sont bien plus nombreuses que je ne le pensais, et par la même occasion que jamais je ne m'en serais douté pour beaucoup.

Bref, espérons qu'à défaut de miracle la prochaine entrevue soit aussi libératrice que les précédentes, même si ça n'empêchera probablement pas les prochaines montagnes russes - j'ai toujours détesté ces manèges, tiens au fait...

Ce que j'ai du mal à comprendre dans cette soudaine vulnérabilité c'est que j'ai plutôt une tendance naturelle à l'optimisme, rien n'est jamais si grave qu'il n'y ait pas de solution pour y faire face. Or là, clairement, la logique ne m'est plus d'aucun secours. Il paraît que c'est l'un des aspects du problème, l'écart entre la logique et l'émotion, mais j'ai beau essayer d'y réfléchir, c'est en pure perte...


vendredi 13 mars 2015

En vrac

Les mots m'échappent (un comble tout de même...), tiens, j'avais oublié les plaisanteries, pas toujours comprises à l'époque, sur "le comble pour..." qui étaient à la mode lorsque j'étais encore au collège (il y a longtemps, oui...)

Les mots m'échappent donc, à moins qu'ils ne suivent leur chemin propre, je ne sais plus. En tous cas, les mails ne ressemblent pas à ce que je voulais écrire au départ, mes pensées refusent la ligne droite, et tout s'embrouille et s'emmêle. Oui, je sais, ça ressemble un peu beaucoup à ce qui est devenu mon quotidien ces derniers mois.

Le pas est franchi des conversations avec quelqu'un qui éclairerait un peu tout cela, mais en fait d'éclairage, j'ai plutôt l'impression que se multiplient les questions sans réponse. Sur le moment, juste être écoutée sans à priori, sans que l'émotion s'en mêle, c'est déjà un véritable apaisement. Ensuite, ensuite, c'est tout autre chose.

Ce matin est revenue, fugace, mais bien reconnaissable, cette épouvantable sensation de s'effondrer à l'intérieur de soi, plus rien qu'une enveloppe pour du sable... Plus rien que du sable qui s'écoule dans une forteresse inutile.

Après le diagnostic, j'ai rencontré une première personne qui a fait un lien, d'abord inattendu mais qui sur l'instant m'a paru juste, pas très longtemps en réalité. Celle-ci en fait un autre, tout aussi limpide sur l'instant, tout aussi improbable à la réflexion... Peut-être qu'il n'y a pas de lien en réalité, juste une période difficile, ô combien, qui fait écho à d'autres, oubliées, refoulées sans doute. Ou peut-être "simplement" la conséquence naturelle de l'épuisement. Plus de forces, d'aucune sorte, pour rétablir les murailles protectrices. Peut-être. Je ne sais vraiment plus.

Mais je recommence à croire et à espérer trouver, retrouver l'équilibre. Voilà, je vais essayer de rester au moins pour aujourd'hui sur ce positif là.

jeudi 26 février 2015

La parole

Il paraît que, lorsque le moment est venu, les choses se font "naturellement". Peut-être... J'ai franchi un premier pas pour faire connaissance, et ce mardi a eu lieu notre première conversation.

C'était assez étrange, cette impression justement d'avoir une conversation, ni plus ni moins, alors même que le sujet était des plus sensibles et que, malgré tout, il s'agit toujours d'une inconnue.

Mais il me semble néanmoins en être sortie apaisée. Ce serait tout de même extraordinaire qu'il suffise, si l'on peut dire, de verbaliser certaines choses pour qu'elles cessent de vous entraîner vers des puits sans fond. Et pourtant, j'avais eu déjà cette même sensation d'apaisement après une autre entrevue pourtant pas du tout convaincante - et encore moins encourageante. C'est vrai, quoi, aller dire à une personne visiblement pas entièrement convaincue par la démarche qu'elle en a pour des mois, si ce n'est des années, nous ne devions pas avoir la même définition de la psychologie...

Il semblerait donc que j'ai l'air "en colère". Sauf que c'est en ce qui me concerne un discours convenu qui ne me convient pas du tout justement. Je ne me sens pas, du tout, en colère. Ce n'est vraiment pas le mot que je choisirais pour qualifier le sentiment certes négatif et délétère qui se manifeste à présent physiquement par une (horrible) sensation d'effondrement intérieur. De la même façon que je ne souscris absolument pas, et bien que je ne demande pas mieux, à cette idée que de l'épreuve surgirait nécessairement un renforcement des valeurs, une meilleure perception de ce qui compte vraiment.

Bref, apaisée, c'est déjà beaucoup, mais je n'entraperçois toujours pas l'issue du tunnel et je n'ai pas l'impression d'avoir eu matière à vraiment réfléchir. Un peu trop tôt peut-être ? On verra.

En tout cas, elle a peut-être déjà réussi à me convaincre de mettre, ou d'essayer de mettre, des mots sur certaines émotions, et un premier retour a eu lieu - ambivalent toutefois. D'un côté, je demande de l'aide, de l'autre je culpabilise toujours de l'avoir fait. Pas facile de changer de place.

dimanche 1 février 2015

Ce qui compte

Comme une bouteille à la mer, comme autrefois, juste laisser filer les mots en espérant y trouver sinon une réponse du moins un apaisement provisoire.

La déprime repointe le bout de son nez et je ne sais comment y échapper. Un immense sentiment de culpabilité et tant d'impuissance.

Je cherche en vain ce qui est important, ce qui sublimerait tout. Et au bout du compte je ne trouve qu'une vie vide de sens qui pourrait aussi bien s'interrompre sans bruit et sans grande conséquence. Du chagrin pour les proches, certes, mais le chagrin passe et personne au fond n'y échappe à l'aune d'une vie.

Trop de mois sans rimes ni raisons, trop d'incertitudes, trop d'inquiétudes où rien, presque rien ne dépend de moi, et surtout aucune raison solide d'en voir la fin.

Juste un passage à vide. Peut-être.

dimanche 12 octobre 2014

Erreur de copie

Au temps où je dévorais les livres sans penser à retenir le nom de l'auteur, j'ai lu avec passion le récit d'un homme qui devient fou à force d'essayer en vain de prendre la lumière en défaut. J'en ai gardé toute ma vie la certitude que "la nature ne fait jamais d'erreur". Une sorte de déclinaison d'un autre mantra "Les voies du Seigneur sont impénétrables", dont j'ai découvert des années plus tard la version anglaise à la poésie aussitôt adoptée "Lord moves in mysterious ways".

Et voilà que la foudre s'abat sur mes certitudes en plein juillet. Il semblerait qu'une erreur se soit produite lors d'une duplication de cellules. C'est peut-être ce héros improbable cherchant à piéger la lumière qui m'empêche toujours d'y croire, même quand la douleur me plie littéralement en deux.

C'est difficile en même temps d'imaginer une menace mortelle tapie en soi sans que l'on en ait conscience. Encore que... en réalité je crois l'avoir compris, deviné, senti, bien avant l'annonce officielle. Exactement comme j'ai su être enceinte bien avant un médecin clairement dubitatif.

Enfin bref, après toutes ces semaines hors du temps, entre impuissance et douleurs, mais surtout impuissance, je me retrouve enfin telle qu'en moi-même, malgré cet étrange ennemi silencieux que l'on doit combattre avec une puissance telle que ses "effets secondaires" sont apparemment plus violents que leur cible.

Rien n'est sûr, l'avenir proche comme lointain ponctué de rendez-vous et d'échéances mais je ne me sens plus dépossédée, et ça, c'est une vraie bonne nouvelle, une autre raison, que d'aucuns qualifieraient d'irrationnelle, d'y croire à nouveau.

jeudi 5 juin 2014

J'ai des tendresses pour les loups qui roulent des pensées sauvages

Petite réflexion en passant. A propos de cette inclination bien enracinée en moi.

Je me demande si ce sont les livres qui nous changent, ou si c'est de trouver un jour dans un livre ce qui restait informulé qui nous mène à la littérature.

Quand l'élève est prêt, le maître apparaît toujours. Il semble que cela soit dérivé d'une pensée bouddhiste, même si je l'ai entendu dernièrement dans une série policière.

Je n'ai pas de réponse, juste des questions qui mènent à une sorte de rêverie sans fin sur le comment et le pourquoi. C'est un état que j'ai toujours aimé, d'aussi loin que je me souvienne.

J'ai des tendresses pour les loups qui roulent des pensées sauvages, à défaut de trouver un enregistrement du texte chanté par Alain Aurenche, une idée très semblable chez Juliette :


juliette - les garçons de mon quartier par bisonravi1987

J'avais mal cherché :

dimanche 18 mai 2014

Grandeur et décadence

Le battage médiatique autour de Jérôme Kerviel en ce moment me conduit à m'interroger sur la chute, sur ma perception de la chute plus exactement. Oui, j'ai des cheminements de pensée quelque peu tortueux.

C'est peut-être que je ne suis pas très sensible aux gags en général, mais le fait est que les gens qui trébuchent ou qui tombent ne m'ont jamais fait rire. Mais jamais. Quand certains s'esclaffent, paraît-il naturellement, ma première réaction a toujours été l'inquiétude.

Finalement, je réalise qu'il en est de même pour celui qui "tombe de haut". Ces gens qui semblaient avoir tout pour eux puis le perdent soudain, et se retrouvent désignés à la vindicte populaire, quels qu'ils soient, commencent toujours par m'émouvoir. Avant d'y avoir vraiment réfléchi, c'est ma première réaction, qu'ils soient ou non sympathiques. Parce que, franchement, au premier abord, ce J. Kerviel ne fait pas partie des gens que je pourrais apprécier, ni plaindre quand il leur arrive de perdre. Même si ce qui lui est tombé dessus après coup me paraît totalement disproportionné, on ne peut pas dire que son attitude depuis me le rende plus sympathique. Et pourtant, oui, je comprends ce comité de soutien et j'en arrive à le plaindre, lui, en tant que jeune homme écrasé par les conséquences d'un jeu malsain certes mais pour lequel il avait été d'abord recruté.

Mais ce qui m'émeut plus encore, parce que d'une certaine façon cela renforce ma confiance en la vie, c'est lorsqu'une personne après être tombée se relève et semble avoir retrouvé le goût de vivre. Au fond de moi, je pense que nous sommes tous capables de nous remettre de tout. C'est une idée dérangeante parce qu'elle sous-entend que le désir de vivre est le plus fort, que la mort, la perte, le désespoir ne nous empêcheront pas de rire et d'aimer encore, mais c'est aussi comme un hymne à la vie infiniment plus puissante que la mort, la perte, le désespoir.

Alors c'est peut-être plus visible lorsqu'il s'agit d'une personnalité, ou juste d'un garçon comme les autres pris sous les feux de l'actualité, mais c'est tout aussi vrai au quotidien. Pour cette mère qui a perdu coup sur coup, à un an d'intervalle exactement, ses deux plus jeunes filles, laissant l'une comme l'autre un enfant orphelin. Il est difficile d'imaginer dans quels abîmes elle a pu s'abîmer pendant des mois, de la solitude qui a dû l'étreindre en voyant son mari, ses grands enfants presque lui reprocher de se laisser abattre, de ne pas se faire violence pour continuer. Et puis, peu à peu, la vie a repris ses droits. Et un jour elle a retrouvé le sourire, l'envie, renoué avec les projets et l'enthousiasme. La douleur n'a pas disparu et continue à affleurer souvent, mais sa vie a repris. Et je trouve ce mystère aussi bouleversant que celui de la vie même.

Bertrand Cantat parle dans "Les Inrockuptibles", en kiosques le 23 ...






mardi 29 avril 2014

Pleine conscience

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pris le temps tout simplement de ne plus faire deux ou trois choses en même temps. Profiter de l'instant présent s'est toujours révélé un effort considérable mais je crois que ces dernières années, je n'y pensais même plus.
Pas sûr que j'y arrive pour autant, en ayant à peine constaté les bienfaits j'ai déjà du mal à m'y tenir.
Il n'empêche que ces deux jours sont les plus reposants et apaisants connus depuis des lustres.

Pas encore la pleine conscience, qui ne reste qu'une notion lointaine, mais une toute nouvelle atmosphère néanmoins.

Je m'interroge en ce moment, sans trop approfondir, sur le destin, la nature humaine, la nature de l'univers et bien que cela n'ait plus rien à voir avec l'intensité ancienne, qui me coupait littéralement du monde, cela me rappelle un passé dont j'avais presque perdu la mémoire.

Un univers en expansion et où la création serait continue, non plus un cercle dans un cercle contenu dans un cercle, mais à divers endroits de chacun d'eux d'autres cercles concentriques qui en engendrent d'autres, sans cesse et à toutes les échelles, peut-être interconnectés. De quoi rêver longtemps... ou perdre la raison.

Une raison d'être, peut-être pas évidente, peut-être unique, peut-être pas. Des interactions impossibles à connaître toutes mais aussi essentielles que la trame et la chaîne, sur une vie, sur plusieurs générations. L'histoire du battement d'ailes du papillon en somme. Ou des Ta'veren plutôt, idée qui présente l'avantage d'intégrer aussi le hasard et une relative liberté.

Du choix ou des rencontres qui font que les mêmes malheurs, les mêmes souffrances, les mêmes manques pourraient bien conduire l'un au dévouement et l'autre à l'agressivité destructrice.

"Time is a wheel with seven spokes, each spoke an Age. As the Wheel turns, the Ages come and go, each leaving memories that fade to legend, then to myth, and are forgotten by the time that Age comes again. The Pattern of an Age is slightly different each time an Age comes, and each time it is subject to greater change."
 Ta'veren - "A person around whom the Wheel of Time weaves all surrounding life-threads, perhaps ALL life-threads, to form a Web of Destiny."

dimanche 20 avril 2014

Midnight in the Garden of Good and Evil

Je ne crois pas aux normes universelles. Je n'y ai jamais cru, je crois. En tout cas, je me souviens très bien de révoltes silencieuses quand une autorité morale affirmait le contraire, que ce soit au catéchisme, en classe, en cours de philosophie, ou en famille.

Adolescente dans une époque qui, contrairement aux apparences, pouvait se montrer bien plus ouverte qu'aujourd'hui, j'ai eu maintes occasions d'entendre, voire de participer à des discussions enflammées, et surtout de lire, souvent, des mises en doute de la notion même de perversité.

J'étais curieuse, avide de connaissances sans aucune hiérarchie, et j'ai lu sans préjugé bien des textes qui présentaient avec naturel, avec une sorte d'innocence touchante et éminemment troublante, des désirs, des pratiques hors normes. Des expériences intenses et bouleversantes le plus souvent.

C'est peut-être de là que viennent mes plus fortes passions littéraires ou artistiques, mais peut-être aussi était-ce déjà là depuis toujours. Le paroxysme d'émotion lors de chacune de ces rencontres initiales m'incite d'ailleurs à pencher pour la deuxième possibilité.

Rien à voir il me semble avec les provocations sans nuance que l'on trouve partout sur le net, et pas grand chose non plus finalement avec les rares personnes qui parlent sans fard de certains de leurs choix - et sont aussitôt assaillies de commentaires plus ou moins outrés mais invariablement majoritaires.

Pendant un temps connaître l'autre versant, moins lisse, créait une complicité immédiate avec d'autres, et une sorte d'aura auprès de personnalités plus classiques, que je pensais seulement alors moins curieuses des profondeurs obscures.

Et puis un jour, sans bien comprendre, je fais face à une réaction indignée, sans nuance. Juste pour avoir apprécié Les Nuits Fauves qui venait de sortir. Vingt ans plus tard, alors même que la vulgarité s'étale partout, on dirait que la bien-pensance a tout envahi. En tout cas, c'est mon impression tenace quel que soit le lieu, quel que soit le milieu.

Je me sens de plus en plus étrange étrangère au milieu de mes contemporains. Mais à tenter d'y réfléchir ici, je me rends compte que la période de grâce qui me semble aujourd'hui une unique parenthèse a, en réalité, été précédée et suivie d'un temps bien plus inconfortable. Je ne désespère donc pas de la revivre à nouveau, de sentir à nouveau partagé le goût de la complexité du monde et d'y voir rechercher l'harmonie et l'équilibre sans manichéisme, sans manifestations de vertu outragée de qui, quelle ironie, piétine chaque jour la délicatesse et ignore l'empathie.





dimanche 13 avril 2014

Paradoxe temporel

19 h 48... Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire de mon week-end ? Je ne l'ai pas vu passer...

Les copies du brevet blanc attendent toujours, tout comme les nouvelles versions des contes, les rares dossiers poésie rendus à temps, et même les mails mis de côté pour la fin de semaine.

Il fait encore jour et j'ai bien le souvenir d'avoir profité du soleil, mais encore ? Quelques épisodes de séries, mais pas tant que cela, la fin de saison pour Suits, un nouvel épisode de Following, visionné deux fois pour "entendre" la VO sans trop lire les sous-titres, certes, mais je n'ai toujours pas trouvé le temps de commencer la deuxième saison de House of cards.

Ah, un aller retour à la médiathèque pour faire provision de livres mais j'ai à peine commencé un nouvel épisode de la Culture de Iain M. Banks avant que mes yeux larmoyants n'imposent l'extinction des feux.

Pas de musique, à peine quelques infos, et je n'ai pas l'impression d'avoir passé tant de temps que cela sur l'ordinateur non plus. Quelques recherches pour un lycéen procrastinateur il est vrai.

Des passages fréquents en cuisine par contre, plus pour grignoter sans jamais être rassasiée que pour cuisiner avec art.

Non, j'ignore où sont passés ces deux jours, ponctués cependant d'une nuit difficile ce me semble, entre gorge irritée et réveils successifs.

J'ai juste pris le temps sans doute, et le temps est passé sans heurt, paisiblement. Mais, tout de même, c'est un tout petit peu troublant comme impression.

samedi 12 avril 2014

De la mouche et du canon

Un violeur, 527 personnes sommées de se soumettre à un test ADN. 527 personnes dont des centaines de mineurs.
Qui refuse (comme la loi l'y autorise encore) sera placé en garde à vue afin de pouvoir perquisitionner son domicile.
Mais dormez tranquille, braves gens, les fichiers seront détruits. Bien sûr...

Ce monde me fait un peu plus peur de jour en jour.

jeudi 10 avril 2014

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles

Eh bien, non, je ne suis pas du tout d'accord. Surtout quand il est 19 h 30 et que le téléphone est sur répondeur.

Mais je fais des progrès côté sérénité, je n'imagine plus de scénario catastrophe et j'attends presque calmement le retour du fils prodigue.

Contrôle technique cet après-midi, dans un coin perdu mais qui offre des prix intéressants si on réserve à l'aveuglette sur le net (à l'aveuglette parce que l'adresse exacte n'est fournie qu'après le paiement...). Le temps parfois joue vraiment de drôle de tours, deux ans déjà ? (et même un peu plus dit la carte grise narquoise...) Mais comment est-ce possible ? Je me souviens très, très bien du dernier contrôle... Deux ans peuvent-ils tomber dans un trou noir ?
Pendant une seconde, je me suis vraiment cru dans un film fantastique, deux ans disparus, un monde parallèle peut-être ? Les jours sont-ils si monotones qu'ils passent ainsi sans laisser de traces ?
Une seconde seulement. En fait, ce doit être tout le contraire, un rythme infernal qui fait oublier le passage des jours.
Et c'est comme cela que j'ai évoqué lundi matin les élèves passés "hier" au collège. L'air interloqué de ma collègue m'a vite fait réaliser que j'avais effacé tout le week-end après deux heures à peine dans l'établissement !

Une période apparemment propice aux rencontres d'anciens élèves un peu partout, en visite au collège donc, mais aussi dans la rue ou dans les magasins, parfois même ils y travaillent, avec le sourire et vous interpellent tout heureux de vous revoir. Et ça fait du bien, surtout après une journée à se demander si j'enseigne toujours ou si je passe le plus clair de mon temps à rappeler la plus élémentaire politesse...

Petits problèmes de santé certainement dûs au stress. Médicaments chez le médecin, conseils alimentaires sur le net. Apparemment très efficaces les conseils, je me sens très vite bien mieux que toutes les fois précédentes avec les seuls cachets. Mais l'inquiétude et la fatigue ne font pas bon ménage, en tout cas pas chez moi, avec une quelconque discipline alimentaire. Et pour le coup les douleurs reviennent en force, mais on ne peut pas lutter sur tous les fronts, des hauts, des bas, toujours pas d'équilibre. Tant pis. Un jour, un peu plus tard, j'y arriverai un jour.

On ne peut pas prier pour la pluie et se plaindre quand on est mouillé - Simon Collins. Un cadeau de Noël resté sur la pile jusqu'aujourd'hui. Pas absolument convaincue par le style mais j'aime le ton et l'idée : la beauté évidente de la nature, en l'occurrence des montagnes de Savoie, une beauté qui nous dépasse, nous élève et nous comble.

lundi 24 mars 2014

Au soir du 23 mars

Ce n'est pas vraiment une surprise, mais ça fait mal quand même. Et pourtant il n'y a eu que peu d'abstentions ici.

Et la tentation de croire que peut-être ce n'est pas tout à fait le FN, ou encore que c'est la misère et le désespoir qui s'expriment. Sauf que de si fragiles barricades bien sûr ne tiennent pas plus d'une minute.

Non, c'est juste désolant, et bien triste que l'autre voie de révolte n'ait recueilli que si peu d'adhésion.

jeudi 20 mars 2014

Regarder ce qu'il y a de beau (...) par-delà la colère des hommes qui ont peur

Douleurs tenaces et fulgurantes à la fois pour fêter le printemps, avec le ciel qui s'est couvert le tableau est complet.

Mais je tombe opportunément sur ce titre de Jacques Brel



même si je connais bien mieux celle-ci :



L'aventure commence à l'aurore
A l'aurore de chaque matin
L'aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains
L'aventure commence à l'aurore
Et l'aurore nous guide en chemin
L'aventure c'est le trésor
Que l'on découvre à chaque matin

Pour Martin c'est le fer sur l'enclume
Pour César le vin qui chantera
Pour Yvon c'est la mer qu'il écume
C'est le jour qui s'allume
C'est le blé que l'on bat
L'aventure commence à l'aurore
A l'aurore de chaque matin
L'aventure commence alors
Que la lumière nous lave les mains

c'est exactement l'écho qui convient à la journée.

Mon après-midi de liberté du jeudi ensuite, plus souvent synonyme d'intendance et de copies en réalité, mais aujourd'hui j'ai apprécié le simple fait d'avoir réalisé tout ce qui était prévu au programme. Même si d'autres tâches attendent et attendront longtemps encore, je choisis de voir ce qui est accompli, dans les temps et sans heurt. Puis de prendre le temps, le temps de retrouver Alicia Florick et la délicieuse prononciation de son prénom, le temps de revoir le dernier épisode de Merlin même si je trouve l'épilogue un brin décevant, puis d'aller vérifier de ci de là que cette version n'a pas pris tant de liberté avec le mythe finalement. Le temps de remonter un peu la liste de favoris et les mails à lire "plus tard, quand j'aurais plus de temps".

Et voilà déjà la nuit à l'extérieur, la douleur qui s'estompe et la douceur de vivre en paix, en acceptant, même très provisoirement, de n'avoir guère de prise sur l'avenir et les comportements des autres.


Revoir aussi le sourire et l'accueil de M., la complicité récente mais toujours renouvelée avec S., les petites merveilles créées par les élèves en arts plastiques - bien encouragés par la collègue toujours partante, toujours d'humeur égale, qui affiche pourtant des convictions révolutionnaires en ces temps d'élections, l'appréhension de la collègue si discrète qui se retrouve en bonne place sur la liste du Front de gauche pour son entretien radiophonique du jour... plein de petites étoiles finalement pour faire scintiller la journée.





lundi 17 mars 2014

Mythes universels

The Origins of the World’s Mythologies, « Les origines des mythologies du monde » (Oxford University Press), a paru en janvier 2013, et, hors de petits cercles de spécialistes, il est passé remarquablement inaperçu. Le projet et la théorie de Michael Witzel, professeur de sanskrit à Harvard (Massachusetts), sont pourtant d’une extraordinaire portée.

Qu’on en juge : l’éminent linguiste dit avoir retrouvé rien de moins que les bribes de nos premières histoires, celles qui peuplaient l’imaginaire des quelques centaines d’Homo sapiens qui venaient de quitter l’Afrique de l’Est, voici 65 000 à 40 000 ans, avant de se répandre à la surface de la Terre.

De ces légendes primordiales, ou plus exactement de ces représentations de l’homme et de l’Univers, dit Michael Witzel, il reste encore les échos dans les grandes mythologies du monde.


https://www.google.fr/#q=http:%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fculture%2Farticle%2F2014%2F03%2F13%2Fil-etait-une-fois-les-mythes_4382701_3246.html&safe=off

http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/03/13/il-etait-une-fois-les-mythes_4382701_3246.html


A vrai dire, je pensais qu'une telle étude existait depuis longtemps...

Et soit j'ai mal lu Jung (très possible), soit je l'ai interprété à ma manière (hautement probable également) mais je n'en arrivais pas à la même conclusion que l'auteur de l'article. Je pensais (pense) que l'inconscient gardait une trace de l'évolution.

samedi 15 mars 2014

"Je suis né en manque d'une chose étrange..."

J'ai tout effacé.

Mon professeur de lettres de quatrième et de troisième, que j'admirais en silence mais suffisamment pour aller lui demander son adresse en fin d'année (et la voir de près pour la toute première fois, quand j'y pense, c'était vraiment un autre temps...) m'a écrit par la suite "Une lettre ne rougit pas, disait Cicéron" pour m'encourager à me livrer davantage.

Une lettre permet de mettre un peu à distance certes, mais quand accepter certaines idées est déjà difficile, les voir écrites devient une épreuve que je n'arrive toujours pas à affronter.

Pourtant, au fond, je ne crois pas avoir réellement honte de ce que je ressens. Je suis consciente que l'on ne peut tout maîtriser et que ce n'est pas souhaitable d'ailleurs. Et, en même temps, j'en repousse l'expression, même dans ma propre tête, mettre des mots sur certaines choses m'est insupportable. Au sens propre. Comme si les mots leur donnaient une réalité. Comme quoi le Verbe n'a rien d'une métaphore pour moi !

Périodiquement, j'essaie de comprendre, d'identifier une origine, à défaut un processus. Mais c'est toujours peine perdue pour l'instant.

Aujourd'hui, j'essayais d'écrire sur mes relations difficiles avec mon fils. Je crois qu'elles sont liées à une incapacité bien enracinée vis-à-vis de toute la gent masculine.

Et pourtant, je me souviens de moments de grâce, de - rares - rencontres évidentes, où tout était simple et clair. Naturel.

Mais c'est loin d'être le quotidien, et cela ne l'a jamais été. Nombre d'êtres me sont incompréhensibles, étrangers. Et j'ai ressenti cela même devant un tout petit enfant, mon enfant pourtant. L'altérité fondamentale.

Donc ce ne pouvait pas être, pas seulement, une réaction de défense face à la force brute. La fuite devant les conflits, la souffrance viscérale qu'engendrent les cris, la violence, l'indifférence aux sentiments des autres. Entre souffrance et mépris en réalité, plus le temps passe et plus le mépris l'emporte, mais malgré tout le coup d'abord ressenti dans le plexus solaire demeure bien réel dans les situations de crise, qu'elles me concernent directement ou non.

C'est d'autant plus difficile que les temps semblent plus propices que jamais à ceux qui crient, qui s'imposent, qui avancent en écrasant les autres, sans une once de regret, avec une insolente fierté même. Et en écrivant cela, je réalise que les images qui me viennent appartiennent de plus en plus aux deux sexes en fait.




Bon, quand écrire devient aussi laborieux, mieux vaut que je laisse tomber. Un jour peut-être je trouverai le bon fil pour dénouer tout cela mais ce ne sera pas plus aujourd'hui qu'hier.

mardi 11 mars 2014

Au fil des jours, plaisirs minuscules

Seconde tentative. En fait, ce n'est pas si facile d'écrire sur ce qui va bien. De toutes petites réussites du quotidien en somme.

Mais je suis les bons conseils, c'est bien aussi de se retourner sur les points positifs. Sauf que les mots et les phrases s'y dérobent, ou en tout cas les miens. Alors pourquoi pas une liste (beaucoup moins professionnelle et alerte, certes).

Le sommeil, de retour, paisible et d'une seule traite sans plus trace de cauchemars angoissants.
Plus aucun papier, ni compte, ni facture, ni démarches en attente.
Plus de courrier à écrire, plus de culpabilité pour ceux que je n'aurais toujours pas rappelé.
Le désir et la disposition nécessaire pour la lecture revenus, et donc une pile qui a enfin visiblement diminuée.
Pas une copie, pas un cours qui attende que j'aie l'énergie de m'y mettre.
Surfer à loisir sans renoncer à rien pour cela, sans rien repousser, sans le regard rivé sur l'horloge.
Voir et revoir, et en VO, les scènes qui m'émeuvent, qui me font sourire, qui me redonnent le moral.
Tenter du coup tranquillement de saisir les accents, la syntaxe, les expressions, entendre d'autres émotions.
Cuisiner un peu, pâtisser un peu plus encore, sans trop de succès mais tant pis, ça reste très agréable.
Profiter des rayons du soleil quand ils sont là et non un moment volé quand c'est possible.
Ecouter vraiment, entendre les nuances toujours nouvelles des disques que j'aime.
Veiller sans souci du lendemain, sans perdre le fil en luttant plus ou moins bien contre le sommeil.

Alors pas de grands projets, ni de petits voyages, réels ou en salle obscure, mais ma foi de vraies vacances reposantes et riches de plaisirs minuscules et d'enrichissement intime, je ne suis pas si loin du bonheur.


C'était une bonne année je crois Frédéric MEY par luptidej

samedi 8 mars 2014

People ain't no good

Faire son deuil. Même si fatalement j'ai eu à connaître des pertes, en dehors de la première qui m'a bouleversée sans que j'en aie pleinement conscience, je ne crois pas l'avoir vécu.

La première fois que j'ai été confrontée à la mort, j'étais encore au collège, un camarade cardiaque. Quand on nous a annoncé la nouvelle, je crois que j'étais surtout surprise. Quand je suis rentrée à la maison, j'ai à peine commencé à en parler que je fondais en larmes sans comprendre. Je revoyais surtout son sourire un jour où il avait essayé de susciter le mien, un sourire franc que je n'ai jamais oublié.

Une famille presque sœur a connu coup sur coup deux drames que chacun a tenté de surmonter à sa façon, le genre de drame dont au fond je n'imaginais même pas que l'on puisse se relever. Leur vie en a été bouleversée mais elle a continué avec ses joies et d'autres peines.

Dans ma famille, je sais qu'une personne au moins ne s'est pas remise d'une disparition mais elle était loin, nous ne la voyions pas souvent, cela restait, reste, abstrait même si c'est une histoire terrible de bout en bout.

Puis j'ai vu ma propre mère s'effondrer, et souffrir longtemps à chaque anniversaire, pourtant la vie reprenait aussi tous ses droits dans le même temps.

Mais finalement la mort me reste étrangère et lointaine.

Pour la perte je n'en dirais pas autant. Se relève-t-on vraiment de tout ? Je crois que oui, et en même temps cela ne me paraît pas très correct de le penser.

Il a fallu, voilà bien longtemps déjà, accepter les "jamais plus". Je me croyais aguerrie, je me demande si je ne me suis pas plutôt anesthésiée, voire mutilée.

Et aujourd'hui, même si lorsque je m'accroche à l'espoir cette idée terrible recule, j'essaie de faire le deuil d'un futur. Qui sera aussi celui d'un espoir ancien, et celui de certitudes fondamentales. Peut-être même d'une part d'humanité. Et c'est douloureux. Tellement que je ne suis plus si sûre que cela qu'on puisse se relever de tout. Enfin si, j'y crois toujours. Mais est-ce une si bonne chose ?

Si le monde s'écroule qu'importe sa beauté ? A moins qu'il ne frémisse en rien quand nos cœurs se brisent. Ce qui est fort probable. Quel est le prix d'un bonheur absolu ? Vaut-il vraiment tous les tourments ? Si j'avais su... ce qui est impossible évidemment, mais si j'avais su, aurais-je agi différemment ?

C'est peut-être là que gît la blessure au fond, ce que j'ai fait ou n'ai pas fait pour en arriver là aujourd'hui, à ce puits d'angoisse, à cette sensation de perte irréparable. Faire le deuil.

Accepter. Renoncer.






Et toutes mes excuses à ceux qui pleurent effectivement la mort d'un proche s'ils venaient à passer par là.